Un paysage en profonde transformation
L’adoption internationale telle que la connaissaient les familles françaises dans les années 2000 n’existe plus. Le nombre d’adoptions est passé de 4 136 en 2005 à environ 300 en 2023. Cette évolution reflète des changements profonds dans les politiques mondiales d’enfance, sous l’impulsion de la Convention de La Haye et du développement des systèmes de protection de l’enfance dans les pays d’origine.
Comprendre ce nouveau paysage est essentiel avant d’entamer toute démarche d’adoption internationale.
Les pays ouverts à l’adoption pour les familles françaises en 2026
La liste des pays ouverts évolue régulièrement. Voici un état des lieux basé sur les informations disponibles en 2026 — toujours vérifier auprès du Ministère des Affaires Étrangères et des OAA/AFA avant tout engagement.
La Colombie est l’un des pays les plus structurés pour l’adoption internationale. L’ICBF (Instituto Colombiano de Bienestar Familiar) coordonne les adoptions avec des garanties élevées. Les délais sont longs (3 à 6 ans en moyenne), mais la procédure est sécurisée. La Colombie est signataire de la Convention de La Haye. Les enfants proposés sont souvent plus âgés ou en fratrie.
Le Vietnam a rouvert ses procédures d’adoption internationale après une longue interruption liée à des fraudes. La procédure est maintenant encadrée par une Convention bilatérale et requiert le passage par un OAA agréé. Les délais et les conditions changent fréquemment — vérifiez auprès de l’AFA ou des OAA.
Le Maroc ne pratique pas l’adoption au sens du droit français. Il reconnaît cependant la kafala, une tutelle légale islamique. En France, la kafala marocaine peut, sous certaines conditions, être convertie en adoption plénière par les tribunaux français si l’enfant s’est installé en France. Ce chemin est complexe et nécessite un accompagnement juridique spécialisé.
L’Éthiopie a suspendu puis fortement restreint ses adoptions internationales depuis 2017. En 2026, les adoptions depuis l’Éthiopie sont extrêmement limitées, réservées à des cas humanitaires précis. L’AFA n’opère plus dans ce pays.
Les Philippines ont maintenu une ouverture partielle à l’adoption internationale, avec des conditions précises sur l’âge et le profil des adoptants. Les procédures sont longues (4 à 7 ans) mais sécurisées.
Le Kazakhstan accepte des adoptions par des ressortissants français dans des cas spécifiques, notamment pour les enfants ayant des liens familiaux avec la France. La procédure est longue et demande une forte implication locale.
L’Inde a fortement restreint les adoptions internationales depuis 2015, donnant priorité à l’adoption nationale. Les dossiers internationaux ne sont acceptés que pour les enfants non placés en adoption nationale après une longue période.
Les pays fermés aux familles françaises
Plusieurs pays autrefois très actifs sont aujourd’hui fermés :
La Russie : suspension depuis le 1er janvier 2013 suite à la loi Dima Yakovlev. Voir notre guide L’adoption franco-russe 2000–2013 pour l’histoire complète.
La Chine : fermeture progressive depuis 2005, quasi-totale depuis 2024. Seules les adoptions intrafamiliales dans des cas très exceptionnels sont encore traitées.
Le Guatemala : fermé depuis 2008 suite à des scandales de fraude et d’enfants vendus à l’adoption.
Haiti : techniquement ouvert mais pratiquement inaccessible depuis 2010 en raison de l’insécurité politique et sociale.
Le Cambodge : fermé depuis 2001 pour les mêmes raisons que le Guatemala.
Le Belarus : fermé depuis 2006.
Les spécificités selon le profil des candidats
Le profil des candidats à l’adoption influence fortement les pays accessibles :
Les couples mariés ont accès au plus grand nombre de pays. Certains pays exigent une durée minimale de mariage (souvent 3 à 5 ans).
Les couples pacsés sont acceptés dans moins de pays. La Colombie, par exemple, ouvre ses procédures aux couples de même sexe depuis 2020.
Les personnes seules font face aux restrictions les plus fortes. Peu de pays acceptent les célibataires, et ceux qui le font imposent souvent des conditions d’âge, de revenus et de logement très strictes.
L’âge des candidats est un critère important : la plupart des pays fixent un écart d’âge maximal avec l’enfant (40 à 45 ans en général). Les candidats de plus de 50 ans ont accès à moins de pays.
Les enfants proposés à l’adoption internationale : un profil en mutation
La nature des enfants proposés à l’adoption internationale a profondément changé :
- Les nourrissons en bonne santé sont devenus extrêmement rares
- Les enfants plus âgés (au-delà de 4 ans) sont plus représentés
- Les fratries sont de plus en plus fréquentes
- Les enfants avec des besoins spéciaux (médicaux, développementaux) représentent une part croissante
Cette réalité demande aux candidats une préparation spécifique et une réflexion honnête sur leur capacité à accueillir un enfant plus âgé ou avec des besoins particuliers.
Comment obtenir des informations actualisées ?
La situation des pays évolue rapidement. Pour une information fiable et à jour :
- Consultez le site du Ministère des Affaires Étrangères (section adoption internationale)
- Contactez l’AFA : elle publie régulièrement l’état de son activité par pays
- Rejoignez les associations de familles adoptantes qui maintiennent des informations pratiques
- Consultez plusieurs OAA actifs dans les pays qui vous intéressent — leur expérience terrain est irremplaçable
L’adoption internationale est un engagement sur plusieurs années. Prendre le temps de bien s’informer avant de commencer est un investissement qui se rentabilise largement par la suite.
