Étape 1 : La décision et la préparation intérieure
L’adoption internationale est un projet de vie qui demande une préparation sérieuse, bien avant le dépôt de toute demande officielle. Cette phase préparatoire est cruciale : elle permet aux candidats de s’informer, de se former et de s’interroger honnêtement sur leurs motivations et leur capacité à accueillir un enfant venu d’ailleurs.
Plusieurs démarches sont utiles à ce stade :
- Participer aux réunions d’information organisées par le Conseil départemental
- Contacter des associations de familles adoptantes
- Lire des témoignages et des ouvrages sur l’adoption et le développement de l’enfant adopté
- Échanger avec des familles adoptantes dans votre réseau
- Se renseigner sur les pays d’origine envisagés
Cette phase peut durer plusieurs mois. Elle est investissement précieux pour la suite du parcours.
Étape 2 : La demande d’agrément
L’agrément est délivré par le Conseil départemental du lieu de résidence des candidats. Pour le demander, il faut adresser une lettre recommandée au Président du Conseil départemental.
La procédure d’agrément comprend plusieurs volets :
L’équipe pluridisciplinaire (travailleurs sociaux, psychologues) conduit des entretiens avec les candidats, séparément et ensemble. Ces entretiens explorent les motivations, l’histoire personnelle, les représentations de l’adoption et du pays d’origine, la stabilité du couple et les projets parentaux.
Une visite au domicile évalue les conditions matérielles d’accueil. Elle n’a pas pour but de juger la décoration, mais de s’assurer que l’enfant aura un espace adapté et un cadre de vie stable.
Des réunions d’information collective sont proposées — et souvent imposées — avant la décision. Elles permettent aux candidats d’entendre des intervenants variés (médecins, psychologues, familles adoptantes) et de prendre conscience des réalités de l’adoption internationale.
Le délai légal est de 9 mois entre la demande et la décision. Passé ce délai sans réponse, l’agrément est considéré comme refusé (silence négatif), mais cette situation reste rare.
Étape 3 : Choisir un pays et un organisme
Une fois l’agrément obtenu, les candidats doivent choisir le pays d’origine et, le cas échéant, l’organisme (OAA ou AFA) qui les accompagnera.
Le choix du pays dépend de plusieurs facteurs :
- Les affinités culturelles et la capacité à s’approprier la culture d’origine de l’enfant
- Les délais d’attente réalistes (qui varient de 1 à 8 ans selon les pays)
- L’âge et le profil de l’enfant que vous êtes prêts à accueillir
- Les conditions posées par le pays aux candidats à l’adoption
Le choix de l’organisme est tout aussi important. Un bon OAA connaît profondément le pays, entretient des relations de confiance avec les institutions locales, prépare sérieusement les familles et assure un suivi rigoureux.
Pour obtenir la liste des OAA agréés pour un pays donné, consultez le Ministère des Solidarités.
Étape 4 : La constitution du dossier
Chaque pays d’origine a ses propres exigences documentaires, mais un dossier type comprend généralement :
- Extraits d’actes de naissance (récents, moins de 3 mois)
- Certificat de mariage ou PACS (si applicable)
- Copie de la décision d’agrément
- Casier judiciaire (bulletin n°3) — vierge obligatoire
- Certificat médical établi par un médecin agréé
- Justificatifs de revenus (3 dernières fiches de paie, dernier avis d’imposition)
- Justificatif de logement et photos du domicile
- Photos de la famille
- Lettre de motivation — souvent le document le plus personnel et le plus important
- Documents traduits par un traducteur assermenté et apostillés
La constitution de ce dossier prend généralement 2 à 6 mois. L’apostille est indispensable et ne doit pas être oubliée — sans elle, les documents ne sont pas reconnus à l’étranger.
Étape 5 : L’attente et le dossier en cours
Une fois le dossier déposé auprès de l’OAA ou de l’AFA et soumis aux autorités du pays d’origine, commence souvent la période la plus difficile : l’attente. Cette attente peut durer de quelques mois à plusieurs années.
Pendant cette période, il est conseillé de :
- Maintenir le contact régulier avec votre organisme
- Mettre à jour les documents qui expirent (casier judiciaire, certificats médicaux, justificatifs de revenus)
- Continuer à se former et à se préparer psychologiquement
- Participer aux groupes de soutien proposés par l’OAA ou les associations
Étape 6 : La désignation de l’enfant
Vient ensuite le moment de la désignation : les autorités du pays d’origine vous proposent un enfant. Vous recevez son dossier (photos, informations médicales, histoire personnelle disponible). C’est souvent un moment de forte émotion.
Vous avez un délai pour accepter ou refuser la désignation. Le refus est possible mais doit être sérieusement pesé — chaque refus peut allonger considérablement l’attente.
Étape 7 : Le voyage de rencontre
Dans la majorité des pays, les futurs parents doivent se rendre sur place pour rencontrer l’enfant avant que l’adoption soit prononcée. Ce voyage de rencontre peut durer de quelques jours à plusieurs semaines.
C’est une expérience intense : la rencontre avec l’enfant dans son environnement, la confrontation avec la réalité de son histoire, les émotions contradictoires de la joie et de la tristesse. Certains parents décrivent un sentiment de « coup de foudre », d’autres évoquent une rencontre plus progressive.
La préparation psychologique à ce voyage est essentielle. Les OAA sérieux proposent des réunions préparatoires.
Étape 8 : Le jugement d’adoption
Dans la plupart des pays, l’adoption est prononcée par un tribunal local. Les parents doivent généralement être présents à l’audience. Le jugement crée (ou, dans le cas de l’adoption simple, renforce) le lien de filiation.
Après le jugement, un délai légal (variable selon les pays) doit s’écouler avant que la décision soit définitive et que l’enfant puisse quitter le pays.
Étape 9 : Le visa et le retour en France
Une fois le jugement définitif, les démarches pour le visa peuvent commencer. L’ambassade ou le consulat de France dans le pays d’origine délivre un visa long séjour pour l’enfant, qui lui permettra d’entrer en France et d’y résider.
Le retour en France est souvent vécu comme un deuxième naissance : l’enfant entre dans sa nouvelle vie. Mais c’est aussi le début d’une période d’adaptation intense pour toute la famille.
Étape 10 : Les démarches post-retour en France
À l’arrivée en France, plusieurs démarches officielles sont obligatoires :
Transcription de l’adoption : le jugement d’adoption étranger doit être transcrit sur les registres d’état civil français par le Service Central d’État Civil (SCEC). Cette transcription crée une nouvelle fiche d’état civil française pour l’enfant.
Nationalité française : si les conditions légales sont réunies, l’enfant peut acquérir la nationalité française dès sa transcription. L’OAA vous guidera dans ces démarches.
Bilan médical : un bilan complet doit être effectué dans les 15 jours suivant l’arrivée. Consultez notre guide Bilan médical de l’enfant adopté à l’arrivée en France.
Suivi post-adoption : le Conseil départemental assure un suivi pendant les années suivant l’adoption, parfois également transmis aux autorités du pays d’origine.
